Théâtre

Moi, Moi et François B.

Clément Gayet, François Berléand

Jeu de Paume

© JStey

On se laisse allègrement piéger par les chausse-trappes de cette satire savoureuse du monde du théâtre. C’est insensé mais jubilatoire.

Un jeune auteur kidnappe l’acteur – en l’occurrence François Berléand dans son propre rôle - qu’il veut pour sa pièce et se retrouvent tous deux, dans un endroit clos, étrange. Où sont-ils exactement, dans une agence de voyages ? Dans la tête du comédien ? Dans un cauchemar ? On ne sait pas bien mais l’important dans la pièce n’est pas là. L’idée ici n’est pas de se satisfaire d’une explication rationnelle mais bien de se laisser égarer par l’absurdité des situations. François Berléand campe un François Berléand crédible, ronchon et futé, tout en finesse dans ses expressions qui passent par toute la gamme chromatique en tentant d’échapper à l’imagination infinie et inquiétante de son auteur-ravisseur, lunaire, naïf de prime abord. Toujours à la lisière entre réalité – puisque les anecdotes de l’auteur sont puisées dans la vraie vie de François Berléand – et fiction, voire fantastique illustré entre autres par l’improbable apparition d’une femme contorsionniste-table basse, cet huis-clos vaudevillesque est à prendre au troisième degré. Jeu de miroirs, théâtre dans le théâtre, deus ex machina, tous les ingrédients savoureux du plateau sont ainsi réunis dans un genre plus proche de la comédie fantastique que du boulevard. Un délire bien calculé, bien calibré par le jeune dramaturge Clément Gayet, qui signe sa première pièce et joue aussi son propre rôle. Un spectacle étrange, drôle et culotté dont on ressort fatigué d’avoir tant ri.

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