Musique classique

Nikolaï Lugansky

Schumann, Tchaïkovsky, Rachmaninov

Grand Théâtre

© Jean-Baptiste Millot

Nikolaï Lugansky se pose en digne héritier de la meilleure école russe du piano, celle des Rachmaninov, Horowitz et surtout Richter, qu'il décrit comme son modèle. Du pianiste noble et subtil, rétif au vain tintamarre des forgerons de l'ivoire, la critique loue l'extrême sensibilité. Avec un sens inné du phrasé, Lugansky impose un style, charme son assemblée, décelant derrière chaque note l'insoupçonnable fragilité de son être. Et c'est d'ailleurs un programme tout en finesse qu'a choisi le musicien, comportant plusieurs extraits des Saisons de Tchaïkovski, cycle de délicates miniatures pour piano. Lui succède la Barcarolle de Chopin, avec son rythme immuable restituant le balancement amoureux des gondoles sur la lagune vénitienne ; puis Schumann et ses Scènes d'enfants, brèves pages espiègles où la patte mordante et poétique du grand maître allemand se décèle à chaque mesure. Enfin, l'âme russe se révèle à travers les brillants Préludes de Rachmaninov, où l'héritage chopinien, omniprésent, le dispute à l'ombrageuse virtuosité propre au compositeur.

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