Concours d'écriture autour de ZOOM

Bravo à Christine Guilmet, vainqueur du concours d'écriture autour du spectacle "Zoom" et merci à tous les participants. Découvrez les meilleurs textes.

(les cinq textes ayant retenu le plus de suffrages ci-après)


Texte de Christine Guilmet  (vainqueur du concours) :

Quand j’ai poussé la porte de ce café, je ne m’attendais pas à tomber sur elle ! C’est sa voix que j’ai reconnue tout de suite… Je n’en revenais pas de la retrouver là, après toutes ces années !
Elle est venue pour prendre ma commande-« un Picon-Bière s’il vous plait « Deux secondes on s‘est regardé, vite j’ai ajouté « je crois que je vous connais »
« Ah bon et comment ça ? » 
« Vous n’êtes pas la maman du Burt ? Je vous croisais au Collège de votre fils, j’étais pion… »
Elle m’a regardé étonnée, puis a éclaté de rire ! « Ah ! C’est vous qui me parliez quand j’étais convoquée par le prof principal du Burt ! Mais qu’est-ce que vous foutez là ? » 
« Je voyage, dépanneur informatique pour des petites entreprises. »
« Vous vous baladez quoi ! »  a-t-elle rétorqué.
Elle semblait contente de me revoir et me raconta les dix mille vies qu’elle avait empilées : deux ans dans une Communauté d’Emmaüs près de Versailles-« des types dingues, ils remonteraient le moral à des pierres ! »- un an dans une Boulangerie Industrielle à Poissy, mais marre des fours, marre de la pâte chaude…et puis marre des Yvelines !
Je n’en revenais pas de la voir dérouler des séquences de sa vie comme on déplierait des cartes routières pour monter à quelqu’un la physionomie d’un pays.
Elle s’interrompit pour jeter un œil aux deux livres que lui tendait une gamine. « Prends plutôt celui-là, telle que je te connais, il te plaira plus » !
Puis, elle reprit son récit : un jour sur un parking de supermarché… une Assistante Sociale perdue de vue et qu’elle retrouvait là à faire ses courses ! La femme l’a aidée à quitter  Poissy et l’a convaincue de retourner à Lorette dans le 42… 
Elle lui a trouvé une place dans ce café où j’ai débarqué aujourd’hui.
C’était un vieux au bout du rouleau qui tenait ça, …Il a demandé à la mère du Burt si ça l’intéressait de tenir le bar avec son neveu. Elle voulait bien, mais un bar avec des livres...parce que les livres, la vie lui avait fait découvrir que ça fait du bien à la tête…
Le vieux et son neveu ont été d’accord. Il y a eu des livres, achetés à une Boutique Emmaüs à Saint Etienne et posés sur une table au fond du Bar. Les gens les regardaient, en lisaient quelques lignes, puis les reposaient… Un jour, ils ont demandé s’ils pouvaient les acheter.
Le Bar est devenu un Bar-Librairie. La mère du Burt et les gens de Lorette ont été très fiers quand FR3 Loire était venue y faire un reportage …
Ce qui lui plait le plus à la mère du Burt, c’est quand les journalistes veulent savoir pourquoi le Bar-Librairie s’appelle « Aux mots qui comptent »… Pour elle, impossible de leur expliquer un truc trop perso, alors elle donne des « explications-météo », du genre celles qu’elle a envie de donner selon son humeur…selon le temps qu’il fait…Et puis ce nom, rajouta-t-elle ravie, il plait beaucoup à Burt qui vient à Lorette dès qu’il peut…parce que le 42 ce n’est pas la porte à côté quand on habite aux Etats-Unis !

 

> Texte de Géraldine Thiercelin (2e place)

> Texte de Caroline Daniel (3e place)

> Texte de Céline Sola (4e place)

> Texte de Nathalie Brun (5e place)