Théâtre

Palestro

Aziz Chouaki, Bruno Boulzaguet, Cécile Garcia Fogel

Bernardines

© Alain Richard

Mon père y a été appelé… Mais jamais il ne m’en a parlé vraiment, sinon par ellipse, du genre… « A ton âge, j’étais là-bas, à la guerre… », suivi d’un silence insondable et opaque…

Le ton intimiste de Bruno Boulzaguet, le metteur en scène, donne d’emblée la teneur pudique et confidentielle de la pièce qu’il met en scène, loin de tout voyeurisme ou polémique de mauvais aloi.  Le 18 mai 1956, une compagnie de vingt et un jeunes soldats français tombe dans une embuscade à Palestro, dans les montagnes de Kabylie. Un massacre, un seul survivant. Sous le choc des images et le poids des mots de Paris Match et de la télévision à ses débuts, la France est terrorisée. En représailles, l’armée française tue cinq mille algériens et surtout légitime l'utilisation de la torture comme moyen de renseignement. En dehors des historiens, quelques films, quelques livres, trop rares encore puisent leur inspiration dans cette guerre, au sens propre innommable. Parce que les fils héritent des guerres de leurs pères, Bruno Boulzaguet a co-écrit le texte avec un autre fils, l’algérois Aziz Chouaki. Construit en plusieurs tableaux, utilisant tous les ressorts du spectacle, texte, marionnettes, objets détournés, film, archives, musique, les comédiens subliment le documentaire dans la poésie du vraisemblable. Et c’est ainsi que le théâtre est grand ! Où mieux qu’à Marseille faire allumer ces projecteurs-là ? Un rendez-vous avec notre histoire.

Calendrier

    • 20:30
      Bernardines

      Palestro

Production Theodoros Group

Coproduction Théâtre du Gymnase-Bernardines Marseille et Théâtre 71 Scène Nationale de Malakoff

Avec le soutien de la DRAC IDF, de l’ADAMI, de la ville de Paris, et de la SPEDIDAM