Théâtre

Dans la solitude des champs de coton

Bernard-Marie Koltès, Charles Berling

Gymnase

Charles Berling
Charles Berling - © Jean-Louis Fernandez

Un affrontement sado-maso poétique écrit dans une langue flamboyante et parfaitement interprétée par Charles Berling et Mata Gabin, tout en rudesse et fragilité.

« Si vous marchez dehors, à cette heure et en ce lieu, c’est que vous désirez quelque chose que vous n’avez pas, et cette chose, moi, je peux vous la fournir. » Quelle est cette chose proposée à un acheteur de hasard par un dealer sorti de la nuit glauque. La came ? Le désir ? Le sexe ?  La mort ? Dans un décor monumental aux lumières urbaines jouant des éclats et des ombres, Charles Berling a distribué le rôle du dealer à une femme androgyne, tout de sombre vêtue et encapuchonnée pour mieux se confondre avec les ténèbres et s’est réservé le rôle de l’acheteur, homme blanc en costume de ville, fragile et exposé comme une cible. Le duo homme –femme, là où Koltès voulait deux hommes, ajoute une strate de plus au vertige de ce texte envoûtant comme le chant d’une méchante sirène. Dans une danse bestiale faite d’avancées, de frôlements, de reculades, de chuchotements, de cris, de défis, de replis jusqu’à l’inexorable question finale, lorsque les mots sont épuisés, ces deux- là ne peuvent tout simplement pas s’éviter. Ni se confondre. Un choc de titans aux pieds d’argile. Au-delà de la trivialité du marchandage, Charles Berling déplie avec la minutie d’un psychopathe ou d’un désespéré, les ressorts de cette variation nouvelle de l’humaine condition.

Calendrier

    • 20:30
      Gymnase

      Dans la solitude des champs de coton

Production Le Liberté, scène nationale de Toulon

Coproduction Théâtre National de Strasbourg, Théâtre Gymnase-Bernardines Marseille, anthéa Antipolis Théâtre d’Antibes

Avec l’aide de la Spedidam