Théâtre Famille

Le Misanthrope

Molière, Alain Françon

Jeu de Paume

© Michel Corbou

Un cluedo dans le vase clos d’une antichambre où les personnages jouent au poker menteur avec leurs sentiments et avec la curiosité des spectateurs, qui connaissent pourtant les règles du jeu. On s’en régale d’avance.

Comédie féroce. Alceste, comme Hamlet, ne cesse d’exciter l’imaginaire des metteurs en scène qui s’y frottent, parfois plusieurs fois dans une carrière. Les comédiens également. Quel charme exerce cette pièce majeure de Molière, dont le personnage principal est ce que l’on appellerait aujourd’hui un parano, qui hait les mondanités et exige l’exclusivité de jouir de Célimène, laquelle, au contraire, n’en a jamais assez de l’amour, comme dit la chanson ?

Le charme c’est d’abord la langue évidemment, sublime, dont les vers chantent à nos oreilles cinq actes durant. La tension dramatique de la pièce tient à la rigueur des dialogues tout puissants qui caractérisent chaque personnage, mieux que leurs costumes, définissent leur caractère, leurs humeurs, et surtout leur statut selon « l’étiquette » qui régit la cour et les relations humaines, intenables sans le minimum d’hypocrisie qui se nomme souvent politesse ou courtoisie. Un mot de travers et c’est la chute. Pour Alceste, ce mot est le catégorique, péremptoire et imbécile « moi ou les autres » qu’il jette à la face de Célimène. On reconnaît les chefs-d'œuvre à leur capacité à traverser les siècles et à parvenir à notre présent, sans une ride. Le Misanthrope en est un, servi ici par un des maîtres du théâtre français.

Calendrier

Production Théâtre des Nuages de Neige

Coproduction Théâtre de Carouge-Atelier de Genève, Théâtre National de Strasbourg, MC2 Grenoble, Théâtre de la Ville Paris, Théâtre du Nord-CDN de Lille Tourcoing Hauts de France